02
nov
2016

Tristan Ringenbach (Triovino, Lyon)

Parmi tous les cavistes lyonnais montés cet été à bord de Wine & Transat, objet d’une série à lire sur notre blog en juillet et août, on en avait gardé un pour cet automne. La raison : la qualification de Tristan Ringenbach – c’est de lui dont il s’agit – pour la demi-finale du Concours du Meilleur sommelier de France, qui a lieu à Toulouse le dimanche 6 novembre 2017.

 

Tristan Ringenbach, c’est le caviste de Triovino, dans le deuxième arrondissement de Lyon, entre le Rhône et la place des Jacobins. C’est lui qui, tous les étés, vous initie aux bases de la dégustation sur la péniche de Wine & Transat !

 

Passé par les plus grandes tables, comme La Poularde à Montrond-les-Bains, L’Espérance à Vézelay, La Pyramide à Vienne et Le Cheval Blanc à Westhalten, le volubile Alsacien évoque pour nous sa préparation pour la demi-finale du Concours du Meilleur sommelier de France. Avec du Crozes-Hermitage dedans !

 

Comment te prépares-tu à cette demi-finale ?

J’ai trois axes de travail. Le premier, et peut-être le plus important, concerne la théorie. J’y consacre plusieurs heures par jour. Pour Crozes-Hermitage, j’ai ainsi révisé les décrets, les villages, la géologie ou les cours d’eau de l’appellation. Le second axe porte sur la pratique : des amis sommeliers et barmans me préparent toutes sortes d’épreuves, à l’écrit comme à l’oral ! Je voyage aussi beaucoup, pour goûter des vins ou rencontrer les vignerons. À Crozes-Hermitage,  j’ai notamment vu Yann Chave et David Reynaud. Enfin, le troisième axe, à base de sophrologie, touche à la maîtrise de soi afin de répondre au mieux à toutes les situations, y compris aux plus difficiles : un client mécontent, un mauvais vin…

 

Est-ce possible que tu cites un vin de Crozes-Hermitage lors d’une épreuve ?

Je suis Lyonnais depuis dix ans et Crozes-Hermitage fait partie de mon univers. C’est comme ça. Donc, oui ! Après, des possibilités d’accord, il y en a beaucoup… Mais je peux peut-être raconter le dernier Crozes-Hermitage que j’ai bu. C’était une bouteille de la cuvée La Guiraude d’Alain Graillot dans un millésime que j’adore, celui de 2012. Je l’ai ouverte pour accompagner un épigramme d’agneau de lait servi avec un risotto d’épeautre, qu’avait cuisiné ma femme. C’est un vin encore jeune mais déjà tellement généreux, avec une robe rubis, très avenante. On lit la puissance rien qu’avec l’intensité visuelle ! Le nez est splendide et complexe, avec plusieurs gammes aromatiques. En bouche, la construction se révèle riche et enveloppée et ça reste suave pourtant. C’était merveilleux !

 

À Toulouse, tu vas te retrouver avec quelques-uns des meilleurs sommeliers de France. Et, chaque été, tu inities le grand public aux bases de la dégustation sur la péniche de Wine & Transat. Le plaisir est le même ?

Bien sûr ! Les mots diffèrent, mais le plaisir est le même. Dès que je peux parler de vin, je suis heureux. J’essaie d’être pédagogique dans toutes les situations car je crois qu’on peut traiter de choses très complexes avec des mots simples mais bien choisis. C’est ainsi qu’on démocratisera la connaissance du vin. À Toulouse, le contexte sera différent de celui de Wine & Transat. Mon vocabulaire sera plus technique mais c’est un vrai bonheur que de se retrouver entre sommeliers !