30
avr
2016

Natacha Chave

Diplômée en philosophie du langage et spécialiste des métaphores animales chez Nietzsche, Natacha Chave (Domaine Aléofane) a toujours su qu’elle ferait du vin dans la région où elle a grandi. Dissertation en trois parties avec introduction et conclusion. Ainsi parla Natacha.

 

Introduction : on définit les termes du sujet

« J’ai choisi le nom d’Aléofane en référence à une île imaginée par John Macmillan Brown dans son ouvrage Riallaro. The Archipelago of Exiles, paru en 1901. Les boissons fermentées, telles que le vin, y sont considérées comme des biens diaboliques et vertueux : le vin – capable de guérir – y est prescrit sur ordonnance médicale. Certes dans une moindre mesure, les situations décrites correspondent aux controverses actuelles sur le vin, à la fois vecteur de convivialité et soumis, lors de sa vente et de sa consommation, à des règles très strictes. »

 

I. Thèse : on évoque le commencement

« Mes parents vinifiaient en Crozes-Hermitage. C’est mon frère qui a repris le domaine familial. Moi, je désirai mon indépendance tout en restant dans la région car la syrah y offre fraîcheur et minéralité. J’ai acquis mes premières parcelles en Crozes-Hermitage en 2007 avec le souci du respect du sol et d’intervenir le moins possible pendant les vinifications et l’élevage. »

 

II. Antithèse : on ébranle les certitudes

« Comme beaucoup de vignerons de ma génération, j’ai choisi de sortir des carcans des décennies passées en refusant les herbicides et les insecticides puis en convertissant mes vignes en bio. De même, je n’utilise pas d’éléments exogènes, comme des levures ou des enzymes, lors des vinifications et conserve un vin non filtré, non collé et peu sulfité : c’est ce qui permet aussi d’identifier un vin et de respecter jusqu’au bout un terroir. »

 

III. Synthèse : on emporte l’adhésion avec des accords qui régalent

« Les rouges de Crozes-Hermitage sont des vins à la fois gourmands, avec une syrah qui s’exprime sur le fruit, généreux, avec une remarquable amplitude, et démocratiques, avec un rapport qualité-prix attractif. À découvrir par exemple avec un gigot d’agneau et sa jardinière de légumes nouveaux. Quant au blanc, il est à tester avec une poêlée de gambas ! »

 

Synthèse : on ouvre sur le monde

« Le vin est un facilitateur de rencontres. L’une des plus belles concerne des vignerons de l’île Waiheke, a nord de la Nouvelle-Zélande. Il y a quelques années, ils y ont planté de la syrah issue du nord de la Vallée du Rhône. Depuis, à chaque nouveau millésime, on s’envoie des bouteilles ! »