17
nov
2014

Lucie Fourel

C’est la fille dont on parle dans les vignes de Crozes-Hermitage. En quelques années, Lucie Fourel s’y est forgé une belle petite réputation. Son credo : des vins racontant une histoire et synonymes de partage, de plaisir et d’émotions.

 

On peut, comme Lucie Fourel, naître au milieu des vignes, vouloir choisir sa destinée et quand même décider de faire du vin son métier. Cette fille du pays a ainsi fait un détour par le commerce international (pour les langues étrangères), une première expérience en cave (l’amour du vin, déjà) avant de retrouver ses racines et de s’installer sur les terres familiales. « Je voulais être sûre qu’il n’y avait rien de tracé dans mon parcours, explique-t-elle, et que, si je décidais de travailler la vigne, ce n’était pas par devoir mais bien par choix. » La détermination plutôt que le déterminisme.

 

Vigneronne par passion, Lucie Fourel l’est aussi avec ses convictions. En 2006, à vingt-neuf ans, elle reprend quatre hectares de vignes qu’elle convertit en bio. Pendant quatre ans, elle choisit de ne pas vinifier et livre son raisin à la coopérative, comme le faisaient ses parents et ses grands-parents, car elle veut se donner le temps de comprendre le terroir qui est le sien. Avec le respect de son environnement pour fil conducteur : « à la vigne comme à la cave, mes interventions visent simplement à accompagner le raisin puis le vin vers leur expression la plus authentique ».

 

En 2010, c’est le grand saut : Lucie Fourel signe enfin ses premières cuvées, vinifiées sans dioxyde de soufre. Déclinée en rouge et en blanc, la collection des Pitchounettes – « un clin d’œil à mes trois filles » – séduit par son caractère croquant et gourmand. S’ajoutent aussi deux sélections parcellaires de vieilles vignes vinifiées en vendanges entières, « à l’ancienne ». Aujourd’hui, ses vins cartonnent et la jeune vigneronne, sémillante comme l’est la Syrah, ne chôme pas.

 

« J’ai eu la chance de récupérer un petit vignoble familial avec de très belles vieilles vignes (mes parents ont toujours très bien travaillé leurs vignes, je m’en inspire d’ailleurs beaucoup) mais il est vrai que je suis partie quasiment de rien en ce qui concerne la vinification, explique-t-elle. C’est un avantage car il n’y a pas de passif ou de poids à supporter en termes de profil de vins ou d’image. Mais cela signifie aussi qu’il a fallu tout construire. »

 

Un effort pas vain au regard de la finesse des vins créés, fruités et acidulés juste comme il faut. Mais qui a demandé et qui demande une ténacité certaine d’autant que le domaine va s’agrandir de six hectares. Pas grave, Lucie Fourel a de l’enthousiasme pour vingt. Et puis, sa sœur Nancy vient de la rejoindre. Le Domaine de Lucie, c’est donc une affaire de filles, mais de filles qui carburent à l’amour de la terre, de la vigne et du vin. Un carburant inépuisable.

 

Coordonnées

Domaine de Lucie

Quartier Saint Jaimes 485 route des Berges

26600 Mercurol

Tél. : 04 75 06 39 15 – ledomainedelucie[at]live[dot]fr