15
sep
2022

Laurent Veyrat

Laurent Veyrat, c'est d'abord l’héritier d’une très longue histoire familiale. « L’exploitation existe depuis 1600. Mes ancêtres étaient des cultivateurs-laboureurs : ils vendaient des prestations de service aux agriculteurs locaux. Les premières vignes ont été plantées sur le domaine par mon arrière-grand-père, en 1860. En 1933, mon grand-père Raoul a été l’un des tout premiers coopérateurs de la Cave de Tain. Puis mon père a repris les vignes en 1978 et, moi, je me suis installé en 2004 après avoir suivi un cursus viti-oeno à Orange et fait tous mes stages au Domaine des Entrefaux chez François Tardi. »

 

Voici pour les racines. Car Laurent Veyrat a également des ailes. En 2019, il ouvre un nouveau chapitre du roman familial en inaugurant sa propre cave. « Je l’ai installée dans de vieux bâtiments de la propriété. Et je fais vieillir mes vins dans la maison où mon grand-père est né : cette maison est là depuis 1600, on a encore les actes notariés ! » L'année d'après, les 12,5 hectares sont vendangés à la main et les raisins vinifiés sur place. « J’ai onze cuves et vingt-deux parcelles. Je vinifie ainsi en parcellaire à raison de deux parcelles par cuve. J’assemble après fermentation, en fonction des jus qui se goûtent le mieux. Deux autres hectares vont entrer en production d'ici deux ans. Mais après je ne plante plus. Sur le domaine, j’ai aussi des céréales ainsi que des abricots et des poires (qu'on transforme en nectars, confitures et compotes) à m'occuper ! »

 

 

Objectif : sols vivants

 

Certifié en bio, Laurent Veyrat a adapté ses pratiques culturales. « Dès que les vendanges sont finis, je plante des céréales entre les rangs de vignes. Elles poussent jusqu’au printemps puis je les détruis. Elles apportent ainsi de l’azote à la vigne tandis que leurs racines destructurent les sols. La vigne peut descendre plus en profondeur et chercher les ressources minérales dont elle a besoin. À l'arrivée, elle souffre moins de la sècheresse par exemple. Je pratique aussi des traitements naturels issus de la biodynamie, comme des décoctions de presle, de consoude, de purée d’orties… Cela apporte de la vigueur à la vigne : cette année, elle n'a pas defeuillée comme cela s'est parfois passé ailleurs. Mon approche de la biodynamie est résolument pragmatique. »

 

 

Cinq cuvées en Crozes-Hermitage

Pour l'heure, le Domaine Laurent Veyrat donne vie à cinq vins, deux en blanc et trois en rouge, une partie des jus étant livrée au négoce. « En blanc, la cuvée L’Aurore est une marsanne issue de vignes de neuf ans et élevée huit mois en fûts. L'autre blanc, 1600, est une cuvée haut de gamme produite à partir des vignes de marsanne plantées par mon grand-père il y a près de soixante ans et l’élevage dure douze mois. En rouge, on a une cuvée de printemps, un vin très frais aux arômes de cassis : le Veyrat-Pied. Ensuite, on a deux cuvées plus élaborées : Antre-nous et L’Ivresse des Voleyses. »

 

Domaine Laurent Veyrat

35 chemin des Saviaux 26600 Chanos-Curson
06 08 71 12 79 - instagram.com/domaine_laurent_veyrat