21
mai
2021

Julien Dreveton

Pour son deuxième millésime, en 2019, Julien Dreveton a perdu en quelques minutes la moitié de ses raisins sous un orage de grêle digne d’un film d’horreur. Un baptême du feu dont il se serait bien passé mais que le jeune vigneron pas encore trentenaire a pris avec beaucoup de philosophie. Fils et arrière-petit-fils de viticulteurs, il sait que la nature dicte sa loi.

 

Même s’il s’est d’abord tourné vers des études de restauration, la passion du vin est quasiment inscrite dans son ADN : « Au lycée hôtelier, je faisais partie du club œnologique et, après avoir obtenu mon diplôme, j’ai fait une licence de commerce et marketing du vin à Suze-la-Rousse. Je suis ensuite parti à Châteauneuf-du-Pape où j’ai travaillé au château La Nerthe. En 2017, j’ai rejoint Chapoutier où j’ai continué à me former tout en montant ma propre cave. »

 

Retour aux sources

Le grand-père de Julien possédait des terres en fermage, plantés en abricotiers et en vignes. Il décide de les reprendre, passe son BPREA en alternance tout affinant sa maîtrise du métier auprès de Frank Faugier, son voisin du Domaine des Hauts-Châssis. En 2018, 4 500 bouteilles étiquetées au nom du Domaine des Louis – un hommage à ses deux arrière-grands-pères – voient le jour.

 

« Être présent du début à la fin, de la plantation à la vinification, c’était mon objectif. Alors je suis parti de zéro, en récupérant 6 000 mètres de vieilles vignes et en plantant le reste des cinq hectares et demi de terrain. En 2019 j’ai pu sortir 8 000 bouteilles, en rouge et en blanc. À terme, je compte atteindre les 30 000 bouteilles. J’ai démarré en conventionnel mais je suis en conversion bio depuis cette année. »

 

Louis d’or

Très critique sur son propre travail, Julien Dreveton avoue faire des vins qui lui plaisent, en fonction de ses goûts et sa propre exigence. Un parti pris qui se retrouve dans sa cuvée S rouge, bien sur le fruit et gourmande, réalisée sans pigeage et avec une vinification et un élevage en inox. Son autre rouge, Quintessence S, est lui issu des vieilles vignes. Vinifié en cuves de béton et élevé 10 mois en demi-muids, il est plus structuré mais garde la même élégance.

 

En blanc, on attend avec impatience le dernier né de la famille, le Quintessence R, une pure roussanne que Julien Dreveton élève sur la longueur en demi-muids afin d’aller chercher volume et rondeur. Il se démarquera de la cuvée R&M, trois quarts de marsanne pour un quart de roussanne, vinifiée en inox avec une fermentation malolactique bloquée pour garder de la vivacité.

 

Domaine des Louis

580 chemin Champs Ratiers 26600 Chanons-Curson

06 34 43 39 20 - domainedeslouis.fr

 

Crédits photos XIII vin