07
oct
2014

Gilles Robin

Les vins gourmands du vigneron de Mercurol, à l’ouest de l’AOC Crozes-Hermitage, trustent les meilleures tables de France. Portrait d’un passionné.

 

C’est une histoire banale pour un vin qui ne l’est pas. C’est l’histoire de Gilles Robin, fils, petit-fils et arrière-petit-fils de vigneron, qui reprend le domaine maternel, situé sur la terrasse des Châssis, en surplomb du Rhône. « Mes parents vendaient le raisin à la cave coopérative. Je voulais vinifier. Il a fallu tout construire : de A jusqu’à Z ». Gilles Robin avance pas à pas, lettre par lettre : il bâtit une cave, teste la vinification parcellaire, lance ses premières cuvées.

 

Plus qu’une adaptation, un apprentissage. « Il m’a fallu dix ans pour comprendre cette alchimie particulière entre une vigne, un terroir et un climat ». La longue durée garantit des millésimes variés – des années sèches ou pluvieuses, des étés chauds ou frais – et autant de nouveaux cas d’école. « En 2005, c’est comme si j’avais fini la préface et que je pouvais attaquer le livre : j’ai pu accentuer le style de mes vins et aller vers encore plus de justesse et de précision ». Ses vins, Gilles Robin les invente à son image : « Je crois qu’on est influencé par le vin qu’on aime. Or, je suis un épicurien, j’aime les vins gourmands. Je savais donc ce que je voulais ».

 

 

Connaissance et reconnaissance

Les vins du domaine – surtout du rouge mais une belle cuvée en blanc est à signaler – s’écoulent facilement. Six bouteilles sur dix s’exportent, direction l’Angleterre, les États-Unis, la Nouvelle-Zélande et la Chine, où Gilles Robin livre le nouveau restaurant de Nicolas Le Bec, le Bistro 321 à Shanghai. Les quatre autres trouvent preneurs en France, dans le réseau des cavistes et des restaurants.  Souvent dans de belles adresses, « notre plus belle carte de visite » dixit Gilles Robin, comme les établissements étoilés d’Anne-Sophie Pic, Michel Chabran, Régis Marcon, Paul Bocuse ou Michel Troisgros, tous clients du domaine.

 

Ce succès, c’est aussi la validation d’un pari, la qualité plutôt que la quantité. Gilles Robin a gardé ses vieilles vignes, aux rendus magnifiques mais aux faibles rendements. Celui qui passe plus de temps à la vigne et en cave qu’au bureau a aussi pris le virage du bio – la certification des dix-huit hectares de la propriété a été obtenue en 2009. Un choix empirique et pragmatique. « En Savoie, où j’ai commencé ma vie professionnelle, j’ai vu la qualité de jus et l’extraordinaire maturité des peaux que l’on pouvait obtenir sans chimie », explique-t-il.

 

Cette réflexion sur le vin, Gilles Robin, qui se revendique du mouvement slow food, souhaite désormais la partager. En 2014, une salle de dégustation a ouvert sur le domaine : « L’idée, c’est de s’ouvrir au grand public de façon intelligente et pédagogique. Les trentenaires s’intéressent beaucoup à la vigne et au vin, ils sont demandeurs de comprendre et d’essayer. Nous souhaitons  les emmener de la vigne jusqu’au verre de vin ».

 

Pratique

En Crozes-Hermitage*, Gilles Robin propose quatre cuvées :

 

  • la Cuvée Papillon : cuvée étendard, elle est produite à partir de vignes de quinze ans d’âge, que Gilles Robin a lui-même plantées
  • la Cuvée Albéric Bouvet : du nom du grand-père, elle est  vieillie douze mois en fûts de chêne et résulte d’un assemblage de Syrah à maturité précoce et tardive
  • la Cuvée 1920 : en référence à l’année où fut créé le domaine, il s’agit de la cuvée prestige de Gilles Robin, réservée aux meilleurs millésimes
  • la Cuvée Les Marelles : c’est la cuvée en blanc, issue du mariage de la Marsanne (40 %) et de la Roussanne (60 %), alliance de la générosité et de la complexité.

 

Domaine Gilles Robin
Les Châssis 26600 Mercurol
04 75 08 43 28 – www.gillesrobin.com