30
avr
2015

« Ici, c’est La Mecque de la syrah »

Vigneron et négociant, Michel Chapoutier est l’un des grands noms de la Vallée du Rhône. À la tête d’une maison fondée en 1808, il gère, de son bureau de Tain-l'Hermitage, un vignoble réparti sur plusieurs continents. Il est aussi le nouveau président d’Inter Rhône, l’interprofession des vins de la Vallée du Rhône.

 

Pour vous, que représente le cru de Crozes-Hermitage ?

C’est l’appellation qui bénéficie de la plus grande zone de production de la vallée du Rhône septentrionale, ce qui lui permet de garder des prix corrects et surtout de rester accessible. C’est un joli cru qui sait toucher les jeunes. En plus, grâce à la tradition arboricole, il y a dans l’appellation un vrai culte du beau fruit qui se retrouve dans les vins. Ici, la syrah est gourmande de fruit. Attention toutefois à éviter les dérives malthusiennes notamment sur les blancs qui se font rares !

 

Vous avez choisi de développer l’École M. Chapoutier et les gîtes M. Chapoutier dans la partie nord de la Vallée du Rhône. Pourquoi ?

Je suis d’origine ardéchoise, de l’Ardèche du granit. Et je n’ai jamais oublié mes racines ! Je crois d’ailleurs beaucoup au Rhône Nord et à la région de Tain-l’Hermitage. Ici, c’est La Mecque de la syrah ! Et la situation géographique est quand même extraordinaire : on est à mi-chemin de Paris et de la Côte d’Azur et à la convergence de grands terroirs, au pied de nombreuses zones de montagne : l’Ardèche, l’Auvergne, le Vercors, les Alpes.

 

Quels sont vos projets pour la région de Tain-l’Hermitage ?

C’est ici que nous développons notre offre œnotouristique. Nous avons lancé de gros investissements pour renforcer la capacité de réception du territoire. De même, nous allons ouvrir trois restaurants, dont un gastronomique. Et nous menons tous ces projets en lien avec les vignerons locaux !

 

Vous avez été pionnier dans de nombreux domaines, la biodynamie par exemple. L’œnotourisme serait la nouvelle frontière ?

Absolument. Dans le vin, les circuits courts – du producteur au consommateur – n’existent que par l’œnotourisme. Or, la vente au domaine est une vente rémunératrice, sans problème d’impayés. Quand une bouteille sur quatre est vendue au caveau, c’est l’assurance d’une trésorerie qui fonctionne et d’une exploitation dont la viabilité est garantie. Le stress peut donc disparaître et les vocations réapparaître !

 

www.crozes-hermitage-vin.fr/m-chapoutier